Gestion du stress
Gestion du stress - Culture du bien être : Stress, qui es-tu?
Céline Dalbéra
Stress, qui es-tu ?
Un célèbre fabricant de chaussures envoie successivement deux de ses commerciaux prospecter dans une région semi-désertique. Le premier revient désespéré : "Impossible de gagner sa vie là-bas, patron, ils marchent tous nu-pieds." Quelque temps plus tard, le second revient enchanté : "Super patron, on va tous les chausser !" Voici deux interprétations de la même situation, deux manières différentes de gérer une source de stress.
"Stress" : le mot est lâché. Stress dis-moi qui tu es ?
En anglais, on dit que je représente un effort intense, une tension. J'apparais quand vous devez vous adapter à un environnement que vous percevez comme agressif sur les plans physique, psychologique et/ou émotionnel. Comme une médaille, j’ai deux côtés :
- le stress stimulant, motivant, valorisant…,
- et le stress dû à une accumulation de tensions qui peut avoir des conséquences désastreuses sur la santé.
Dans l’absolu, il n’y a pas de bon ou de mauvais stress, on me gère plus ou moins bien : c'est une question de perception.
Le mammouth qui menaçait l'homme préhistorique a fait place aux changements multiples, aux plannings surchargés et au travail dans l’urgence, à un environnement agressant (bruit, voisinage, promiscuité), à la compétition… Mais le cerveau ne faisant pas la différence entre un danger virtuel (une scène de violence à l'écran, un obstacle imaginaire, l'idée même d'un danger) et un danger réel, nous nous mettons dans un état d’alerte plus ou moins permanent.
Sans prise en compte des signaux de stress, trois phases de gravité s'enchaînent :
Phase d'alarme
- accélération du rythme cardiaque
- chute de tension et du tonus musculaire
- troubles digestifs
- maux de tête
- manque de récupération pendant le sommeil
Phase de résistance
- aggravation des troubles de la phase précédente
- anxiété
- somatisations
- troubles du sommeil
- une plus grande émotivité
Phase d'épuisement
- asthénie
- anorexie ou boulimie
- insomnies
- diminution de la libido
- risques d'addiction à l'alcool, aux drogues, tranquillisants et somnifères
Epictète, philosophe grec du 1er siècle a dit que « L’homme n’est pas perturbé par les événements, mais par la vision qu’il en a ». Le stress est souvent dû à l’interprétation que nous faisons des événements de notre vie. Nos pensées en lien avec nos émotions déforment la réalité selon le cercle vicieux décrit dans le schéma ci-dessous.
Une autre façon, de voir les choses, moins consommatrice d'énergie et plus positive, consiste à suivre le cercle vertueux :
Comment donc passer d'un stress négatif à un stress positif
Comment adapter ses réactions avec la réalité du moment ? Pour renforcer sa résistance au stress il est nécessaire de cultiver la cohérence entre nos pensées, nos émotions et sentiments et nos sensations. Chaque partie de nous tête-cœur et corps, a besoin d’être respectée et de respecter les besoins des deux autres pour pouvoir vivre dans le bien-être.
Le fonctionnement du cerveau est binaire : soit il est en émissivité c'est-à-dire qu'il produit des idées, donne des ordres aux organes…, soit il est en réceptivité, c'est le cas à chaque fois qu'il reçoit consciemment les informations fournies par les cinq sens. Le secret du bien-être résulte de l'équilibre entre ces deux modes de fonctionnement. L'activité professionnelle sollicitant surtout l’émissivité, il est bon de favoriser toutes les situations de réceptivité. En étant par exemple, dès le réveil, attentif à toutes les sensations telles que la chaleur du lit, les bruits, les odeurs (café, pain grillé,…), la lumière du jour… De même, lorsque nous nous brossons les dents, nous marchons (contact des pieds sur le sol), nous mangeons (saveur et consistance des aliments)…
Observons :
- Quels sont nos propres facteurs de stress ? Sachons les identifier et en reconnaître les déclencheurs. Repérons ceux qui viennent de nous et ceux qui sont générés par l'extérieur (en distinguant, par exemple, la pression que l'on se met soi-même de celles que nous mettent nos hiérarchiques).
- Comment se manifeste le stress chez nous ? Que remarquons-nous : les signes physiques, psychiques, comportementaux, les idées qui nous viennent.
Écoutons vos "petites voix intérieures", que répètent-elles ? Une partie d'entre elles correspond aux pensées irrationnelles et négatives que nous avons vues sur le schéma ci-dessus. Comprenons à quel point elles sont irrationnelles.
Sollicitons par contre nos petites voix positives, encourageantes. Remplaçons les "je n'y arriverai jamais " et les "je ne suis pas à la hauteur" par "je suis fier d'avoir déjà réussi", par "je réorganise mon emploi du temps en fonction de ce qui est important et urgent".
Accueillons nos émotions sans nous laisser submerger par elles : pour ce faire, nous pouvons les écrire, en parler, les dessiner… à chacun de trouver sa propre façon de faire face à ces émotions négatives en ne leur laissant pas l'opportunité de l'anéantir.
Enfin, agissons, mettons-nous aux commandes pour inverser les effets négatifs du stress. Pour cela, voici une recette en 5 étapes :
1. Déterminer son objectif et des objectifs intermédiaires, réalisables, concrets, positifs, précis.
2. Noter ce que l'on faisait, disait, pensait et que l'on ne fera plus. Quelles sont les petites voix que nous allons remplacer par des messages encourageants ?
3. Observer chaque progrès, aussi infime soit-il, ce qui va mieux, ce que nous avons fait, ce que l'on pense et dit de différent et qui réduit les effets négatifs du stress. En d'autres termes, cultivons la réussite, source de motivation, introduisons du plaisir, de la détente, de l'humour, du rire.
4. Aborder les problèmes comme un défi ou une opportunité plutôt que comme une menace.
5. Savoir dire non lorsque cela s'avère nécessaire. Savoir se préserver.
Plus longtemps nous gardons le cap sur cette recette anti-stress négatif, plus les effets positifs s'en font sentir.
Marc Aurèle n'a-t-il pas dit : "Mon Dieu, donne-moi la sérénité d'accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer celles que je peux changer et la sagesse de distinguer les premières des secondes..."
Céline Dalbéra
Article publié le 18/09/2008
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